L’hydrogène : plus qu’une solution écologique, un enjeu de souveraineté européenne

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13/11/19

L’hydrogène : plus qu’une solution écologique, un enjeu de souveraineté européenne

A l’heure de la transition énergétique et de la mobilité tout électrique, on associe trop souvent cette dernière à la batterie Lithium, en oubliant le véhicule électrique à hydrogène. A Paris, on peut cependant déjà emprunter plus d’une centaine de taxis à hydrogène ‘Hype’, dont le nombre devrait atteindre 600 en 2020. Ces derniers présentent en effet de nombreux arguments : un profil de sécurité similaire, un réservoir plus léger, ainsi qu’une autonomie, un temps de rechargement et une durée de vie similaires aux véhicules à moteur à combustion. Autant d’éléments dont les batteries ne peuvent actuellement pas se vanter.

L’électrique est ainsi systématiquement assimilé à l’écologie. A ce titre, l’hydrogène peut également faire figure de bon élève. Même s’il est encore largement produit à partir d’hydrocarbure, de nombreuses solutions progressent comme, par exemple, l’électrolyse. Cette dernière, notamment développée par la microcap Française McPhy Energy utilise l’électricité pour décomposer l’eau en hydrogène.

Cela représente ainsi une solution intéressante de stockage des énergies renouvelables, dont la production ne correspond pas toujours aux moments de consommation, pour en faire une énergie sans émission de CO2. Au niveau des émissions, le véhicule électrique à hydrogène ne rejette que de l’eau et participe ainsi à l’amélioration de la qualité de l’air, sans aucun bruit.

Même si de plus en plus d’acteurs en prennent conscience, le véritable frein à la démocratisation du véhicule à hydrogène reste son prix, environ deux fois supérieur à celui d’un véhicule à batterie. Cela est principalement lié à la pile à combustible nécessaire dans chaque véhicule, un élément essentiel qui va mélanger deux molécules d’hydrogène avec une molécule d’oxygène pour créer deux molécules d’eau et de l’électricité. Dans ce domaine, la microcap Suédoise PowerCell s’est forgée une solide réputation et exporte désormais ses piles à travers le monde. Face à la batterie Lithium, qui a bénéficié des économies d’échelle liées à son adoption dans les smartphones, la pile à combustible reste pour le moment trop chère. Actuellement, le groupe Plastic Omnium cherche des alternatives pour réduire ou supprimer les métaux rares utilisés pour leur production, ce qui permettrait de faire tomber la principale barrière à l’adoption de cette technologie.

Dans ce contexte, de nombreux acteurs européens, comme Linde ou Air Liquide, sont actuellement bien positionnés pour profiter du potentiel de l’hydrogène. De son côté, la Chine a pris une longueur d’avance dans la production des batteries, en sécurisant notamment l’approvisionnement de ses matières premières et en subventionnant cette industrie. L’Europe pourrait aussi tirer son épingle du jeu en investissant dans l’hydrogène, afin de ne pas substituer sa dépendance aux pays producteurs de pétrole par une autre à l’égard des pays producteurs de batteries et de leurs matières premières. Comme pour toutes les technologies, cela nécessitera des investissements et une organisation de la filière, notamment via l’Hydrogen Council, mais pourrait ensuite représenter de belles opportunités de croissance. L’association de la production d’énergie solaire ou éolienne avec le stockage à hydrogène permettrait ainsi de développer une source d’énergie locale, décentralisée, dont les balances commerciales européennes devraient également largement bénéficier.

Rédigé par l'équipe Croissance, novembre 2019

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