L’activisme continue de gagner du terrain en Europe, mais encore peu sur les sujets sociétaux.

retour vers les News

29/08/19

L’activisme continue de gagner du terrain en Europe, mais encore peu sur les sujets sociétaux.

Après une année record en 2018, les fonds activistes se font à nouveau entendre en 2019 : 99 entreprises ont déjà été ciblées. En première position se place le fonds américain Elliott, qui a déployé 3,4 milliards de dollars en campagnes activistes depuis le début de l’année, suivi par le fonds Carl Icahn puis par ThirdPoint. Si les Etats-Unis concentrent toujours 55% du capital déployé, les offensives se sont multipliées en Europe, représentant environ 23% des opérations significatives, et 18% en Asie.


Les activistes détectent en Europe des sociétés sous-évaluées. Ils pensent avant tout en termes d’objectif financier et d’appui de la part des actionnaires existants. « S’il y a une possibilité d'ajuster la stratégie de l’entreprise, les opérations ou la structure de capital pour générer plus de valeur que dans la situation actuelle, il y a un risque de se retrouver confronté à la pression des actionnaires » souligne Rich Thomas, en charge du conseil actionnarial en Europe chez Lazard. Les fusions-acquisitions représentent la part la plus importante (46%) des campagnes du premier trimestre 2019, comme le constate le dernier rapport réalisé par Lazard.

L’essentiel de l’activisme est ainsi financier, loin des enjeux environnementaux et sociaux. Les offensives se sont principalement concentrées sur le critère de gouvernance : 28% des campagnes activistes en 2018 en Europe, et 33% dans le reste du monde ont visées le conseil d’administration. Sur le premier trimestre 2019, les chiffres décrivent la même tendance : 26% des actions en Europe et 42% dans le monde se sont intéressées à la gouvernance de l’entreprise.

L’activisme actionnarial serait-il amené à se développer sur l’ensemble des critères ESG ? Est-ce qu’un véritable engagement actionnarial pourrait émerger au-delà des aspects financiers ? L’augmentation du nombre de fonds actifs dédiés à des enjeux environnementaux et sociaux offre une première réponse. En effet les actionnaires traditionnels n’hésitent plus à se faire entendre auprès des entreprises, notamment au travers de leur politique de vote. « L’activisme n’est plus l’apanage des activistes », observe Rich Thomas.

Une telle évolution serait en phase avec les nouvelles attentes sociétales, qui exigent de plus que les entreprises, publiques comme privées, améliorent leur impact environnemental et social. Ce serait aussi l’occasion d’améliorer l’image de l’activisme, qui est souvent perçue comme négative par les investisseurs, les gouvernements et les entreprises.

Rédigé par l’équipe ESG

retour vers les News